mardi 29 mars 2011

Clôture de la 6° saison des Lundis de La Chanterelle

Pour conclure cette 6° saison des Lundis de La Chanterelle, je voudrai remercier tous ceux qui ont mis la main à la pâte pour préparer l’accueil des conférenciers et de l’assistance, merci à vous tous d’accompagner toujours plus nombreux le parcours des Lundis, merci à tous les commerçants, les réseaux sociaux, les organes de presse qui acceptent de diffuser nos annonces, merci à la municipalité de Ville la Grand, en particulier à son maire, Raymond Bardet pour son soutien sans faille.
Les conférenciers qui nous font l’amitié d’animer nos soirées le font bénévolement. La mise en forme et la présentation des connaissances qu’ils nous font partager représentent un travail considérable. Certains acceptent de longs déplacements pour venir nous voir. Qu’ils soient tous ici chaleureusement remerciés. Ils sont 31 à ce jour ! Il va sans dire que certains sont venus plusieurs fois !

Vous avez appréciés nos conférenciers ?
Vous voulez creuser les thèmes abordés ?


- Les séances de déterminations reprennent : c’est le lieu idéal pour approfondir et partager vos connaissances en mycologie et en botanique. C’est aussi le lieu où l’on peut se tenir au courant des activités proposées par La Chanterelle.
Cela se passe dans notre local, 1 rue de l’Ecole Buissonnière à Ville-la-Grand, tous les lundis à 20 h.

- Les conférences connaissent des prolongements qu’il faut souligner.
Dans l’ordre :

  • Ce mercredi à 20h30, la société de La Roche « Le Bolet du Foron », accueille à la Maison des Sociétés 172, rue du Paradis, Françoise Drouard pour « Les voyages naturalistes au XVIIIème siècle (Bougainville, La Pérouse, Cook...) ». Françoise est venue nous parler des araignées puis de la biodiversité. Nous l’avons accueillie avec grand plaisir.
  • Le samedi 2 avril, découverte du nouveau sentier d’interprétation "de Nant en Rhône" animée par Jacques Bordon qui est venu nous parler de la coexistence entre les insectes et les plantes. C’est au pied du Vuache, secteur Clarafond-Arcine et Eloise. Rendez-vous à la MJC de Vulbens à 8 h 30 pour une randonnée familiale de 12,5 km avec pique-nique canadien. Retour vers 16 h.
  • Le 12 avril, Christine Francini, Présidente de notre commission botanique, présentera « les huiles essentielles » salle de la Blanchisserie, Place de l’Office de Tourisme de Divonne à l’invitation des Amis du Champignons. Ceux qui ont laissé passer l’occasion d’assister à cette conférence ici même, ont droit à une session de rattrapage.
  • Hacène nous propose une sortie myxomycètes, le 1 mai. Rendez-vous 8h 30 place du Porte-bonheur pour une journée de découverte et conviviale au Carroz. Prévoir le pique-nique !
  • Le 8 mai une exposition botanique est proposée au local de La Chanterelle avec sortie sur le terrain. Rendez-vous à 9 h, place du Porte-bonheur.
  • Denis Jordan, à la suite de sa présentation de la flore alpine du Haut-Giffre, nous guidera sur le site du Fer à Cheval, le samedi 30 juillet. Notez tout de suite cette date sur votre agenda.
- Étant donné l’intérêt que nous portons à l’observation et à l’étude de la nature, je dois signaler le remarquable bulletin de la Société linnéenne de Lyon consacré à l’évaluation de la biodiversité rhônalpine. La Société linnéenne de Lyon est située 33, rue Bossuet 69006 LYON 04.78.52.14.33

Comme vous le constatez, le blog de La Chanterelle, est sorti de son sommeil pour prolonger l'aventure des Lundis et vous permettre d’y prendre une part active.
Vos contributions et commentaires sont les bienvenus !

Pierre

jeudi 17 mars 2011

Françoise Drouard à La Roche sur Foron

Françoise Drouard nous a fait l’amitié de sa venue aux Lundis de La Chanterelle pour présenter ses conférences « Découvrir le monde des araignées » en 2009 puis « Les espèces vivantes et la biodiversité » en 2010.

Elle sera présente le 30 mars 2011, 20 h 30 à La Roche sur Foron à l’invitation de la Société d'histoire naturelle du pays Rochois pour présenter « Les voyages naturalistes au XVIII ème siècle (Bougainville, La Pérouse, Cook...) ».

Maison des Sociétés (près de la MJC) salle N°7 au 1er étage 172, rue du Paradis La Roche sur Foron

Évaluation de la biodiversité rhônalpine 1960-2010

Le bulletin hors-série n°2 de la Société Linnéenne de Lyon est intitulé : « Évaluation de la biodiversité rhônalpine 1960-2010 ».

C’est l’opportunité d’un passage en revue d’une grande quantité d’espèces dont le néophyte ne peut entendre parler qu’en consultant des ouvrages très spécialisés à diffusion confidentielle.

Articles courts, bourrés d'informations, compréhensibles.

Un tour d'horizon qui se fait l'écho des acquis et des préoccupations des scientifiques qui ont apporté leur contribution.

Le nombre de sujets abordés est impressionnant : libellules, charançons, chauves-souris, minéraux, orchidées, mollusques à coquille, zooplancton, polypores, mammifères, oiseaux, poissons, abeilles, coléoptères, amphibiens, fourmis, papillons, bryophytes…

Beaucoup de sujets de réflexion sont proposés :

  • Rôle des cols, des vallées et des corridors dans le déplacement des espèces
  • La création de variétés ou d'espèces de la part des biologistes est-elle toujours pertinente ?
  • Espèces disparues, espèces nouvelles…
  • Que cache la crainte des introductions d'espèces ?

Ce dernier sujet donne lieu à un examen critique du discours alarmiste à la mode sur le fait que l’introduction d’espèces exotiques (« de pas d’ici ! ») serait un facteur restreignant la biodiversité. Ce discours relaie curieusement les propos xénophobes que l’on peut entendre par ci par là. La biodiversité est le produit du changement et de l’adaptation, elle démontre l’absurdité d’une conception statique de la nature.

Morcellement des territoires, utilisation de produits chimiques, abandon de pratiques agricoles traditionnelles, surexploitation des ressources naturelles sont des facteurs qui altèrent les milieux, fragilisent les espèces autochtones et permettent aux espèces exotiques d'occuper la place libérée.

A noter les exemples d’associations interrègnes qui révèlent l’existence de systèmes complexes où compétition et alliance sont étroitement imbriquées:

Ischnoderma benzoinum (Polypore) et Bolitophagus interruptus (Coléoptère)

Serpolet, Gentiane, Sanguisorbe, les papillons Azurés et les fourmis Myrmica


Société Linnéenne de Lyon - 33 rue Bossuet 69006 LYON - 04 78 52 14 33

http://www.linneenne-lyon.org/

lundi 23 mars 2009

Petit-Salève le 16 mars
Un chêne cannibale pris sur le fait...






... sous l'oeil scandalisé de trois Hépatiques !

Pierre

lundi 2 février 2009

En attendant les morilles...

C’est maintenant la bonne époque pour observer les frênes : en l'absence de feuilles, les frênes communs (Fraxinus excelsior L.) sont faciles à identifier grâce à leurs gros bourgeons noirs pyramidaux présents à l’extrémité des branches. Certains d’entre eux portent encore les fruits de l’année passée (samares) : on peut en conclure qu’il s’agit de frênes monoïques femelles, de frênes dioïques ou encore hermaphrodites.

Le système de reproduction du frêne est complexe. On peut distinguer des individus possédants des fleurs bisexuées (avec étamines et pistil) et d’autres possédants des fleurs unisexuées. Parmi ces derniers, certains (monoïques) développent des fleurs mâles et femelles sur le même pied et d’autres (dioïques) ne développent que des fleurs mâles ou que des fleurs femelles .

Il est fréquent d’observer des grappes de concrétions brunes à l’aspect spongieux : elles peuvent coexister ou pas avec les samares. S’agit-il de fruits parasités ou avortés, de reliques d'inflorescences mâles, ou bien ? (ci-dessous : frêne repéré le long du Foron, prés du Parc des Écureuils)



Pour s’en assurer il faudra être attentif ce printemps à l’apparition des fleurs sur des individus repérés à l’avance.

Pierre

samedi 20 décembre 2008

Du figuier et des figues...

Comment se reproduisent les figuiers ? Comment apparaissent les figues ? Poussé par la curiosité, le simple mortel qui se plonge dans la littérature pour obtenir des réponses ne peut qu’être décontenancé tant les indications paraissent contradictoires

Le figuier, arbre monoïque ?

Les botanistes sont formels à ce sujet. La figue n’est pas le fruit du figuier : c’est un réceptacle presque entièrement fermé tapissé de fleurs femelles du côté de la "queue" et de fleurs mâles au­tour du petit orifice se trouvant à l’opposé de la "queue" .
Les fruits du figuier sont ces petites graines qui croquent sous la dent lorsque nous mangeons des figues et que l’on nomme « akènes ». (Pour leur part, les "akènes" du fraisier se trouvent à la surface du réceptacle)

Voici la description qu’en donne Costes : «… fleurs monoïques, nombreuses, pédicellées, réunies dans l'intérieur d'un réceptacle en poire, à peine ouvert au sommet, charnu, vert jaunâtre ou vio­lacé ; les supérieures mâles, à périanthe à 3 divisions, 3 étamines dressées, opposées aux sépales ; les inférieures femelles, à périanthe à 5 lobes et à tube décurrent sur le pédicelle, 2 styles latéraux ; fruits très petits, drupacés, renfermés dans le réceptacle accrescent et à la fin caduc. »

Une observation attentive permet de dire que certaines figues contiennent des fleurs mâles fertiles (produisant du pollen) et que les autres contiennent des fleurs mâles stériles.

On peut également observer que certaines figues contiennent des fleurs femelles à styles courts (brévistyles) et que les autres contiennent des fleurs femelles à styles longs (longistyles). (On peut retrouver ces types morphologiques chez la primevère Primula acaulis. cf. Bulletin de la FMDS N°188)

On peut aller plus loin et remarquer que les fleurs mâles produisent leur pollen quelques semaines après que les fleurs femelles aient cessé d’être réceptives: il ne peut donc y avoir de fécondation entre les partenaires situés dans une même figue.

Le figuier, arbre dioïque ?

Alors que le caractère monoïque du figuier Ficus carica est avéré, on entend constamment parler de figuier mâle (ou caprifiguier, figuier de bouc) et de figuier femelle (ou figuier domestique).
Pour comprendre cela, il faut savoir que la zone de reproduction spontanée du figuier est limitée au nord de la Méditerranée. Elle englobe notamment la bordure méditerannéenne de la France.
Dans cette région, le développement des figuiers est étroitement lié à l’intervention d’un insecte hyménoptère, le blastophage (Blastophaga psenes L.).

A certain moment de l’année, les larves de cet insecte devenues femelles adultes à l’intérieur d’une figue sortent de leur abri. Elles se chargent de pollen en se dirigeant au milieu des fleurs mâles vers l’orifice de la figue. Parvenues à l’extérieur, elles finiront par être attirées par les fleurs femelles d’une autre figue prêtes à être fécondées. Elles pénètrent dans cette figue afin de déposer leurs œufs directement dans les stigmates des fleurs. Si elles y parviennent, les fleurs femelles sont parasitées par le développement des larves et rendues stériles.
Plus tard, lorsque les larves devenues adultes s’échapperont de la figue, elles emporteront le pollen. On peut donc dire que cette figue fonctionne comme un organe mâle : elle ne produit pas de graines et libère du pollen. L’arbre sur lequel elle apparaît est appelé : caprifiguier.

Ceci est vrai pour des figues contenant des fleurs mâles non stériles et des fleurs femelles brévisty­les. En effet, c’est seulement dans ce type de fleurs que les insectes peuvent déposer leurs œufs.

Si par hasard, un insecte pénètre dans une figue disposant de fleurs femelles longistyles, il ne pourra déposer ses œufs. Ses efforts ne serviront qu’à répandre sur les fleurs le pollen dont il est chargé. Il féconde les fleurs et meurt sans avoir pu assurer sa descendance. Dans ce cas, la figue se comporte comme un organe femelle : elle fructifie et ne produit pas de pollen. L’arbre sur lequel elle apparaît est appelé : figuier domestique.

La coévolution entre figuier et blastophage

Fonctionnellement, dans les régions où existe Blastophaga psenes, Ficus carica peut donc être considéré comme une espèce dioïque.

Les figuiers sont capables de fleurir (c’est à dire de donner naissance à des figues) plusieurs fois dans l’année.

Au printemps, des bourgeons apparaissent à la base du rameau annuel. Ils se dé­veloppent pour donner des figues réceptives en août et qui libèrent en mai des blastophages non chargés de pollen (car les fleurs mâles sont stériles). Ces figues sont appelées mamme.
Après croissance du rameau annuel, des bourgeons apparaissent à son extrémité. Ils gardent la dimension d’un grain de poivre en hiver, et reprennent leur crois­sance au printemps. Les figues obtenues sont réceptives en mai et productrices de pollen et de blastophages en juillet. Ces figues sont appelées profichi.

Ce cycle est celui du caprifiguier. Certains insectes libérés en juillet peuvent sur­vivre jusqu’à ce que les mamme deviennent réceptives. Le caprifiguier permet ainsi le renouvellement des générations de blastophages. Par contre, il ne permet pas de produire les graines nécessaires à la reproduction du figuier.
Cette fonction est assurée par le figuier domestique. En effet, le rythme des florai­sons chez ce dernier fait, qu’en juillet, des figues se trouvent réceptives. Elles re­coivent donc la visite des insectes pollinisateurs. La fécondation a lieu et permet en septembre la production de graines.

Dans les régions situées plus au nord, l’insecte pollinisateur n’existe pas. Plus au sud, le rythme de développement des fleurs et des insectes n’est plus aussi harmonieux. Dans ces deux cas, la pro­duction de figues et la reproduction des figuiers en sont affectées.

Quand le blastophage est défaillant…

Au nord, le figuier s’est probablement répandu grace aux graines disséminées par les oiseaux.
L’absence de blastophage a permis la mise en lumière d’individus possédant une particularité géné­tique favorisant le parthénocarpisme .

L’homme a probablement conservé et muliplié par voie végétative de tels individus.
Les descendants de ces individus, ramenés dans leur région d’origine, ont contribué à augmenter la fréquence des gènes favorisant la parthénocarpie.

Au sud de cette zone, le rayon d’action des blastophages ne leur permet pas de grands déplace­ments. Il leur est alors difficile d’aller polléniser des figuiers domestiques se trouvant à distance.
L’homme a remarqué depuis très longtemps que la fécondation des figues de figuiers domestiques n’a lieu que si des profichi mûres sont suspendues, en été, à leurs branches. Cette opération est ap­pelée "caprification".

Les figues au fil des saisons :

  • Les "figues de l’année" sont produites par les bourgeons qui apparaissent à la base du ra­meau annuel (de mars à juin pour la région de Montpellier).


    • Chez le figuier domestique, elles se développent en figues réceptives en juillet et vien­nent à maturité en septembre. Elles sont appelées "figues d’automne".

    • Chez le caprifiguier, les "figues de l’année" sont appelées "mamme". Elles sont ré­ceptives en août, abritent les larves de blastophage en hiver et les libèrent en mai, ce qui permet la ponte dans les "figues de printemps".
      Avant la production de "mamme", certains caprifiguiers peuvent donner des "mammoni" qui évoluent de la même façon que les "figues d’automne".


  • Les "figues de printemps" sont produites par des bourgeons apparaissant aux extrémités du rameau. Ils ont la dimension d’un grain de poivre, passent l’hiver et reprennent leur crois­sance au printemps.


    • Chez le figuier domestique, il arrive exceptionnellement que de tels bourgeons soient présents. S’ils ne tombent pas avant la période de réceptivité, ils donnent des "fi­gues-fleurs". A cette période, il n’y a pas d’activité des blastophages. Les "figues-fleurs" se développent par parthénocarpisme et mûrissent en juillet.

    • Chez le caprifiguier on les appelle "profichi". Les figues obtenues sont réceptives en mai et productrices de pollen et de blastophages en juillet. Cela rend possible la fécondation des "figues d’automne" et le parasitage des "mamme".



La culture du figuier remonte à environ 10000 ans. Cette domestication a eu des conséquences profondes sur l’évolution de l’espèce. En sélectionnant les variétés, l’homme cherche à favoriser la production soit de figues-fleurs, produit primeur, soit de figues d’automne, plus aptes au séchage.


Cette contribution se réfère à :

Thèse de Finn Kjellberg soutenue le 20 mai 1983
Consultable sur http://www.cefe.cnrs.fr/coev/pdf/fk/Kjellberg1983these.pdf

Observations récentes sur la pollinisation du figuier par F. Kjellberg, A. Aljibouri et G. Valdeyron. Fruits, Jul.-aug. 1983, vol. 38, n° 7-8, p. 567-569
Consultable sur http://www.cefe.cnrs.fr/coev/pdf/fk/Kjellberg1983.pdf

Photos : http://www.cefe.cnrs.fr/coev/albums/ficus_carica.htm
http://www.roscoff-quotidien.eu/figuier.htm


L’absence de blastophages n’empêche pas l’existence des figuiers. A Roscoff, en Bretagne, un figuier a vécu plus de 300 ans. Il s’agissait d’un caprifiguier. En 1891, un témoin, Félix SAHUT, le décrit : son tronc mesurait jusqu’à 2,40 m de circonférence, ses branches couvraient 700 m² et il produisait 500 kg de fruits par an.





Notre département abrite également des figuiers spontanés ou plantés. Il serait intéressant de recueillir les observations faites par les amateurs de figues sur le comportement de leurs figuiers : figuier domestique ou caprifiguier ? date d’apparition des bourgeons ? date de maturité des fruits ? qualité gustative ? …

Pierre


    mercredi 10 décembre 2008

    Comment se propage le Striga, l'Herbe aux Sorcières


    Le Striga produit de jolies fleurs rose.
    C’est une plante remarquable par son mode de reproduction.
    Elle provoque des dégâts considérables dans les cultures vivrières (Sorgho, Maïs, Mil, etc.) des pays sahéliens qui peuvent ainsi perdre jusqu’à 70% des récoltes.
    Elle est hémiparasite et ses graines peuvent rester des décennies dans le sol en attendant le moment favorable pour germer.
    Lorsque les graines semées par les agriculteurs commencent à germer, elles produisent des bouffées d’éthylène (*) qui « éveillent » les graines de Striga. Les radicules du Striga, au lieu de s’élever vers la surface du sol, se dirigent vers les graines ayant provoqué leur germination et les parasitent.
    Cf. La Biologie végétale p. 32-33 - Jean-Louis Bonnemain et Christian Dumas - Que Sais-je – 1998


    Parmi les stratégies de lutte contre ce véritable fléau, il en est une qui semble prometteuse.
    Des chercheurs canadiens ont découvert qu'un champignon (Fusarium oxysporum) présent dans le sol au Mali pouvait stopper la croissance du Striga. Lors d'une étude pilote, on a fait pousser le champignon sur de la paille de sorgho qu'on a ensuite mélangée aux graines lors de l'ensemencement. Le champignon, sans danger pour la santé humaine, attaque le Striga au début de sa croissance, augmentant radicalement les rendements de sorgho. Cette technique fait d'ailleurs l'objet d'autres tests sur le terrain au Mali, avec la collaboration de l'Institut d'économie rurale (IAR) de ce pays et de l'Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT).
    Cf. Centre de Recherches pour le Développement International http://www.idrc.ca/fr/ev-8534-201-1-DO_TOPIC.html


    (*) L’éthylène est un gaz. C’est aussi une hormone végétale qui, outre la germination, contrôle la maturation de certains fruits (abricot, banane, tomate, pomme, kiwi, etc…) qui ainsi peuvent continuer à mûrir après cueillette. Placer une pomme très mûre au milieu de kiwis encore fermes accélère leur maturation.
    Un autre exemple de l'utilisation des effets de l'éthylène :
    Dans la variété de tomate commercialisée par Monsanto, les chercheurs ont introduit un gène bactérien qui code une enzyme dont l’effet est de détourner vers un autre produit la cascade de réactions aboutissant à l’éthylène. Dans ce cas, la synthèse d’éthylène dans les tomates transgéniques est réduite de plus de 90% et le processus de mûrissement très ralenti.
    Cf. La Biologie végétale p.122-123 - Jean-Louis Bonnemain et Christian Dumas - Que Sais-je – 1998